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Cercle généalogique du Pays de Briey

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Les registres paroissiaux en Lorraine

Dès la seconde moitié du XVIe siècle, quelques curés transcrivent, sur des registres, les actes de baptêmes, mariages et sépultures. Le plus ancien registre des paroisses de l’actuelle Meurthe-et-Moselle remonte à 1562. Le curé de Lunéville tient à cette époque, un an avant le concile de Trente, un registre de baptêmes. Les registres de Châtenois, du diocèse de Toul, remontent à 1565, ceux de Saint-Martin de Metz à 1566. Les plus anciens registres du Pays de Briey sont ceux d'Avillers (1591) et de Norroy-le-Sec (1595).

Il faut attendre le début du XVIIe siècle pour voir apparaître les premières prescriptions en matière de rédaction des actes paroissiaux. Le Cardinal Henri de Lorraine, en 1604, ordonne aux curés de tenir un registre de baptêmes.

En 1629, le duc Charles IV ordonne aux curés de tenir " des registres de baptêmes, mariages et mortuaires de leurs paroisses ". C’est la première intervention du pouvoir public, dans le duché de Lorraine, en matière d’état civil, près d’un siècle après l’ordonnance de Villers-Cotterêts !

Le Code Léopold, en 1701, réglemente la rédaction des registres paroissiaux, et introduit dans les duchés, en matière d’état civil, les institutions françaises. C’est à l’effet du Code Léopold qu’il faut attribuer la rédaction d’un double, dans certaines paroisses, entre 1702 et 1705. Malheureusement, le code Léopold est vivement combattu par l’Eglise et les articles relatifs aux registres paroissiaux sont abrogés en 1707.

Le 15 juin 1764, la Cour prend un arrêt très important qui réglemente définitivement la rédaction des registres des paroisses des deux duchés et impose aux curés de tenir, à partir de 1765, les registres en doubles exemplaires, le premier sur papier libre, destiné à leurs archives, le second sur papier timbré et destiné aux greffes des bailliages.

Les séries de registres sont généralement complètes depuis l’année 1765.

La Lorraine devient française en 1766, à la mort de Stanislas. La tenue des registres obéit alors aux règles appliquées dans l'ensemble du royaume.

La tenue des registres : Les généalogistes s’étonnent quelquefois de ne pas retrouver un acte d’état civil d’un ancêtre, alors qu’ils retrouvent celui de ses frères et soeurs. Les registres étaient-ils toujours bien tenus, les actes toujours enregistrés ? A cette question, laissons répondre deux personnalités de cette époque, un homme d’église d’abord, puis un responsable des pouvoirs publics.

Le curé de Tomblaine écrit dans le cahier de 1740 à 1744 :

" J’avertis mes successeurs que j’ay trouvé les actes contenus dans ce petit registre dispersez de côté et d’autre, et sur des petits lambeaux de papier, cela provenant de la négligence et du peu de courage des vicaires mentionnez ci-dessus, qui n’ont pas voulu se donner la peine de demander un registre en forme aux paroissiens, ce qui doit engager ceux qui verront ce petit registre d’avoir souvent l’oeil sur l’ouvrage de ces jeunes prêtres qui sont nouvellement sortis du séminaire; ces actes étant de la dernière conséquence, soit pour faire des arbres généalogiques, soit pour y avoir recours dans mil autres occasions. Je soussigné, Charles GREMEL, curé d’Essey et Tomblaine, certifie que les actes mentionnez dans ce petit registre ont été extraits de leurs originaux le plus exactement qu’il m’a été possible, et que foy doit y ètre ajoutée. Essey, 11 décembre 1744. "

Le procureur général, le 15 juin 1764, présente un réquisitoire à la Cour souveraine de Lorraine :

" J’ai été informé que, dans le ressort de la cour, il règne de très grands abus touchant la manière d’inscrire les actes de baptêmes, mariages et sépultures; que nombre de curés et de vicaires ne tiennent aucun ordre dans ces actes si essentiels pour assurer les preuves de l’état des hommes; que la négligence est portée à un tel point, que souvent, lors des inventaires chez les curés, on ne trouve que de simples feuilles volantes, des lacunes dans les registres, des actes sans dates, ni signatures; que pour éviter de faire de nouveaux registres, quelques curés remplissent des blancs qui se trouvent dans les anciens, d’autres se contentent de faire des notes sur les premiers livres ou papiers qui se trouvent sous leurs mains ".

Si l’on peut effectivement constater de tels abus, reconnaissons, heureusement pour nous, que ce n’est pas la règle générale et que de nombreux registres ont été fort bien tenus. Mais il faut savoir que l’on peut être confronté à ce type de problème, et ne jamais retrouver un acte tant convoité.